Maturité d’un comité de direction – Niveau 3

Action, Décision

3ème niveau: Est ce que le groupe est capable d’agir, de passer à l’action, de prendre des décisions ? Quelque soit le mode de prise de décision, est ce que ce groupe en a choisi un qui est accepté par tous et qui lui permet donc de traiter les différents sujets et d’agir en conséquence. Et au delà de la capacité de prendre des décisions en terme de processus, est ce que le comité a la capacité de pouvoir prendre des décisions dans le sens de sa légitimité et de son mandat.

 
Exemple d’une problématique: Au sein d’un comité de direction, les directeurs se piègent eux-mêmes dans des réunions interminables ou chacun tente de se positionner, d’argumenter son point de vue ou de réouvrir des débats normalement clôturés. Ces réunions, aussi longues, qu’inefficaces offrent la possibilité d’aborder de nombreux sujets sous différents angles mais où le groupe ne semble étrangement pas se positionner. Nous assistons alors à des discussions mais certainement pas à des décisions. A ce stade, il n’est pas rare que la situation de non décision, entraîne de grandes frustrations, des rancoeurs voir même des oppositions de principe qui ne font, bien évidemment, que renforcer le problème.

Que faire si le groupe est coincé à ce stade ci:
 
Il est important de clarifier ici la raison d’être de ce comité et son rôle exacte. Quel est le type et le niveau de décision qu’il a en charge de prendre (périmètre) ? Il est également important de clarifier, ou mettre en place, un processus de décision (quel qu’il soit) mais admis et respecté par tous.
De manière à faire monter le comité en efficacité rapidement, il est pertinent de dissocier les réunions de travail avec les réunions de décision. Tant qu’une proposition n’est pas suffisamment mature, elle ne doit pas être discutée dans un comité de décision mais bien dans un autre espace.
 

 

Voici quelques exemples de types de mode de prise de décision que l’on peut retrouver dans un comité:

– autocratie consultative: une personne (souvent le CEO ou président) est mandatée pour consulter les membres et trancher au final. Cette personne s’engage à prendre la décision, les membres s’engagent à la respecter et l’appliquer.

– démocratie: la majorité au sein du groupe l’emporte et la minorité s’engage à respecter la décision et à la porter collectivement. Afin d’éviter la situation 50/50 dans le cas d’un nombre pair de personnes, un des membres (CEO ou président) peut avoir un vote qui compte double.

– consensus: le groupe s’engage à écouter chaque partie et à trouver un compromis qui satisfait tout le monde. Chacun doit être OK avec la décision finale qui doit concilier les désirs de tous. Ce processus ne peut fonctionner, de manière saine, que si chacun des membres est dans le profond respect du vécu des autres. Idéal pour permettre à chacun d’être engagé dans la décision, il n’en demeure pas moins que cela peut provoquer des situations de blocage si le groupe ne sait pas se mettre d’accord au bout d’un certain temps. Nous retrouvons au sein de certains comités qui ont mis ce processus en place un mécanisme de sécurité qui permet sous certaines conditions (délai, nombre de réunion, impasse) de redonner le contrôle à une personne (souvent le CEO ou président) qui aura alors la charge de trancher et de décider. Chacun des membres s’engage alors à accepter cette situation et porte la décision collectivement.

– consentement: le groupe co-construit les décisions sur la base du zéro objection. La décision continue d’être bonifiée tant qu’elle soulève une objection majeure chez l’un des membres. Ce processus ne peut fonctionner de manière saine que si chacun des membres a développé, à la fois, une conscience individuelle et une conscience collective. Il doit savoir se respecter tout en restant focalisé sur l’intérêt du groupe. Il est également important que chacun puisse bien différencier un désir (que l’on va retrouver dans le processus par consensus) et une véritable objection (« est ce que je peux quand même vivre avec cette décision ? »). Pour en savoir plus sur le processus par consentement, il est intéressant d’explorer le principe de la dynamique participative et la sociocratie.

 

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